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MusiqueLord Gasmique, la relève du rap belge

À seulement 20 ans, le jeune bruxellois côtoie les grands noms du rap belge, peut prétendre avoir participé à la bande originale d'un film ("Tueurs") et a fait les premières parties de rappeurs tels que Roméo Elvis, The Game ou encore Lorenzo. Rencontre avant son concert au BSF.

C’est la première fois que tu viens au BSF, qu’est-ce que ça te fait de venir ici ?

C’est grave cool parce que je suis jamais venu au BSF, même en tant que festivalier et je trouve ça trop génial de voir ma ville proposer ce genre de trucs. C’est limite bizarre parce que j’ai vécu toute ma vie à Bruxelles, toutes ces rues je les ai côtoyées, le Mont des Arts, la Place des Palais, c’est là où j’ai rencontré mes potes rappeurs et maintenant je suis sur la main stage, ça fait grave plaisir.

C’est quoi ton meilleur concert jusqu’à présent ?

J’ai fait Dour avec Roméo, Caballero et JeanJass l’année passée, je dirais que c’était mon meilleur concert. Après, c’était pas « mon » concert, j’ai fait un son, mais c’était la meilleure expérience. Sinon, mon meilleur concert… J’ai fait la première partie de Roméo à Louvain-la-Neuve qui était incroyable aussi, puis à la Madeleine j’ai fait la première partie de Lorenzo, c’était totalement fou. Donc je dirais Dour en premier, puis Lorenzo et Roméo.

Comment tu as choisi ton nom de scène ?

C’est juste je pense mon esprit con et farfelu. Quand j’ai commencé à écrire, je me suis dit « si tu veux être rappeur, il te faut un blaze qui tape ». Du coup, je me suis dit « Lord », parce que j’écrivais pas mal d’égo trip, mais Lord c’était trop sérieux alors je me suis dit « gasmique » pour le jeu de mot et ça a bien pris, les gens ont kiffé et moi ça m’a fait rire quand j’ai trouvé ça donc je me suis dit, pourquoi pas !

Qu’est-ce que ça t’a apporté de commencer dans un collectif ?

Ça apporte une assurance, parce que moi j’étais le dernier de mes gars à rapper, du coup c’est eux qui m’ont poussé et surtout Deuf, mon backer sur scène, c’est vraiment lui qui m’a présenté tous les mecs que je connais maintenant, c’est lui de base mon exemple parce qu’il commençait à rapper bien avant que je commence à rapper et j’étais trop fan, je trouvais ça trop lourd que le mec ait des projets donc je me suis dit pourquoi pas le rap, j’ai toujours kiffé la langue française donc ça a été plus ou moins facilement. Et oui, le collectif, c’est la famille, c’est un partage, il y a plus de choses à faire en collectif qu’en solo.

Est-ce qu’il y a des thèmes en particulier sur lesquels t’aimes rapper ?

Bah, je pense que je rappe la vie. Pour l’instant, j’ai sorti 4 freestyles donc les gens ne peuvent pas vraiment savoir mon identité musicale, c’est quand je sortirai mon premier projet que les gens s’ouvriront peut-être à ça. Mais je relate de tout dans mes textes, de la vie, de l’amour, de la mort, des blessures, … de tout. Je pense que c’est ça être un artiste, pouvoir aller sur tous les terrains, parler de plusieurs choses. Après, les gens ont vu 4 freestyles où c’est purement de l’ego trip donc ils ont peut-être déjà une image de mec freestyle, sombre, tout ça, mais je pense que quand je sortirai le projet, ça ouvrira les esprits.

C’est vrai que tes textes sont un peu violents et « dark » non ?

Moi je trouve pas ça spécialement violent, c’est une sorte d’hypocrisie, j’appelle ça l’hypocrisie sélective. Pourquoi quand t’es rappeur, tu dis un truc, et directement on dit « ah c’est mal, c’est mauvais » alors que tu vas voir une scène de viol dans un film réalisé par Spielberg et tu vas être là « waouh, c’est génial ». Et dans la variété française, des mecs vont dire tel ou tel truc sur une meuf, ça va passer. Moi je trouve que c’est l’hypocrisie du monde, après j’y suis habitué, mais la violence est partout avec nous. La violence a été tellement banalisée dans les films, dans les jeux... La violence, c’est les gens qui la choisissent.

On parle de toi comme la relève du rap, ça te met la pression ?

La pression, peut-être pas mais c’est du challenge. J’ai sorti très peu de trucs et ça a pris directement donc je suis obligé d’assurer. Ça me met dans une position où à chaque fois que j’écris un texte, je me dis qu’il faut que ce soit de la qualité parce que les gens m’attendent quand même au tournant. Sinon je kiffe grave la place à laquelle je suis.

Comment tu peux expliquer que le rap belge ait autant de succès, qu’on ne parle que de ça en France ?

C’est parce que les Français ont enfin fait le pas d’ouvrir les yeux et de voir qu’en Belgique, c’est génial. Et qu’en Belgique, chaque artiste a son identité, tout le monde se mélange, c’est une famille. C’est pas ce que je vois en France, c’est pas ce que je vois aux States. Les States et la France, c’est beaucoup de clashes, Booba-Kaaris, par exemple. En Belgique, jamais tu vas voir ça, on est tous ensemble et c’est de la qualité. Et objectivement parlant, il y a aucun artiste en Belgique qui ressemble à un autre et c’est ça qui fait la force. On a des tontons comme Roméo, Caballero, JeanJass, Isha, Damso, La Smala… Ils ont réussi à ouvrir les portes et grâce à eux, des gens comme moi, et j’espère les gens après moi, pourront avoir une exposition, et un truc plus grand, et la lumière tout simplement. Et ça fait grave plaisir que la ville de Bruxelles, comme ça subitement, tout le monde en parle, c’est trop cool.

Quels sont tes prochains projets ?

J’en parle pas trop, je laisse le mystère. Je prépare de belles choses, je pense. Je travaille quand même depuis longtemps sur mon projet et ça va plaire aux gens, j’espère. Ça reste dans la lignée de ce que j’ai déjà fait et ça s’élargit aussi. Je parle d’amour, je parle de tout. Les gens qui disent que Lord Gasmique ne respecte pas les femmes, vous verrez que Lord Gasmique respecte les femmes et que Lord Gasmique adore ça. Les gens vont se sentir offensés quand ils entendront un « pute » ou une « salope », mais c’est de l’hypocrisie pure et dure.

Ça t’angoisse de faire la main stage du BSF aujourd’hui ?

Ça fait longtemps que mon angoisse s’est transformée en bonne pression. Avant quand j’ai démarré la scène, j’avais peur de rapper devant plein de gens. Mais au final, j’ai juste de la bonne pression. Ça va être cool, je pense avoir un bon set. Après, je connais pas le public du BSF, mais je pense qu’aujourd’hui, vu qu’il y a quand même pas mal de rap, les gens seront là. Moi de mon côté, je suis prêt, on verra si les gens le sont. Je vais faire pogoter les mamys et les papys et les petits-fils et les petites-filles.

Et le public belge, de ce que t’as vu jusque maintenant, t’en penses quoi ?

Incroyable. J’ai eu de la chance de faire quelques villes, Liège, Charleroi, Alost,… À chaque fois c’est bien pris. Mais j’ai pas encore eu la chance de rapper en dehors de la Belgique donc je sais pas comment ça se passe en France ou quoique ce soit… De ce que je vois dans les vidéos de concerts de potes, apparemment ça se passe bien, donc je verrai bien quand j’en aurai l’occasion.

Est-ce que t’as décidé de tout miser dans la musique et de vivre ton rêve à fond ?

Je pense que quand t’entreprends un projet, si tu n’y mets pas ton corps, ton âme, tes tripes, ça fonctionne pas. J’ai fait le choix d’arrêter mes études, j’ai pas terminé mes secondaires malgré moi, puis le rap est arrivé dans ma vie donc je me suis dit que j’allais me consacrer à ça vu que c’est tout ce que je kiffe et si tu t’y mets pas à fond dès le début, ça prend pas donc moi je me concentre un max sur ça. Si mes plans sont bons et si je continue à bien faire les choses, je pense que tout ira bien. Il faut juste s’impliquer, bien réfléchir, ne pas faire les choses n’importe comment.

Et avant, tu te voyais faire un métier en particulier ?

À l’époque, oui parce que mon père était gynécologue. Du coup, il a toujours été très « scientifique » avec moi et oui à l’époque, je me disais « je vais être gynécologue comme papa », gynécologue-obstétricien. Mais au final, pas du tout, ça n’a rien à voir. Mais c’est pas plus mal, j’ai jamais été aussi heureux et je pense que c’est vraiment le début. J’ai 20 ans, plein de belles choses vont venir, je pense.

Retrouvez les projets du rappeur sur sa page Facebook.

21/08/2018 Dynamic One

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